Testia Experts: David Candeias, formateur, examinateur et auditeur CND

Dans notre série d’articles « Testia Experts », nous vous proposons de courtes interviews de nos collaborateurs, ces experts qui font de Testia ce qu’elle est.
Dans ce numéro, nous nous entretenons avec Mathieu Cathala, pilote des activités “Matériaux & Procédés” et “CND engineering”.

Vous pouvez également regarder cette interview sur YouTube.

Interview with David Cadeias, NDT expert, examiner, and trainer at Testia

Peux-tu te présenter et résumer ton rôle au sein de Testia en quelques mots ?

Je m’appelle David CANDEIAS. Aujourd’hui chez Testia je suis formateur, examinateur et aussi auditeur. Avant ça, chez Testia, j’ai commencé à l’atelier expertise, où on contrôle des pièces qui viennent d’avions. Souvent ce sont des pièces de maintenance donc on reçoit des pièces directement démontées de l’avion et on les contrôle à l’atelier.

Lorsque j’ai commencé à l’atelier, j’avais une petite équipe qui est montée jusqu’à une quinzaine de personnes. C’est à ce moment-là, en fait, que m’est venue la passion de transmettre, la pédagogie. Puisque je formais les petits jeunes qui arrivaient, qui ont évolué, qui ont passé des qualifications Niveau 1, Niveau 2, puis Niveau 3. C’est un peu une fierté quand on forme des gens qui sont capables de monter jusqu’à ce niveau là.

C’était donc pour moi une transition assez logique, le fait de passer de l’atelier expertise vers la formation. Aujourd’hui, je forme chez Testia en radiographie (RT) mais aussi en ressuage (PT) et en magnétoscopie (MT). Je fais des cours essentiellement en français, avec une petite particularité, je fais également des cours en portugais. 

Tu as débuté en tant que technicien CND, est-ce le cas de tous les formateurs ?

Disons que c’est plus ou moins une suite logique. En tant que technicien, tu es beaucoup plus à même de pouvoir comprendre les problématiques des stagiaires dans leur quotidien, puisque toi même tu y as été confronté. C’est un atout d’être passé par ce que vivent les stagiaires, d’autant plus qu’on s’aperçoit qu’il y a parfois des écarts entre la théorie et la pratique. 

Quelqu’un qui ne vient pas du terrain va s’attacher énormément à la théorie et moins à la pratique. Il aura donc du mal à se détacher et à admettre que sur le terrain, les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Inévitablement, si les stagiaires savent que ce que tu dis ne correspond pas à la réalité, tu les perds. Quelqu’un qui vient du terrain, qui a vécu ces choses-là, aura donc un impact beaucoup plus fort et trouvera plus facilement les bons mots.

Toutefois, pendant la période Covid on a dû rapatrier des personnes externes au service dans notre équipe, pour éviter de les licencier. On a donc formé des personnes qui n’étaient pas du tout dans la technique mais qui avaient de la pédagogie. La pédagogie, c’est un trait essentiel. L’aéronautique et la technique peuvent s’apprendre, la pédagogie peut s’améliorer, mais il faut déjà avoir initialement une petite fibre de pédagogie pour être formateur. Parmi ces personnes-là, il y en avait deux en l’occurrence, qui étaient pédagogues. On leur a donc appris la technique et l’avionique et ils ont animé des cours où les stagiaires étaient vraiment très contents. Ils ne sont pas du tout aperçus qu’ils manquaient de technique. Donc effectivement, être technicien, c’est un plus. Mais il y a des cas où avec beaucoup de travail, c’est possible de passer outre.

Tu es Niveau 3 RT, PT et MT. Qu’est-ce que cela représente en termes d’exigence et de responsabilité au quotidien ?

Il y a beaucoup d’exigences, beaucoup de responsabilités mais tous les Niveaux 3 n’ont pas les mêmes degrés d’exigence et de responsabilité. Tout dépend de leurs activités au sein des sociétés. Aujourd’hui, mon activité de Niveau 3 chez Testia est essentiellement sur la partie radiographie. Je travaille également avec des sociétés extérieures, pour lesquelles j’agis en tant que Niveau 3 responsable, c’est-à-dire que je couvre l’ensemble des méthodes et des techniques dont ils ont besoin. Je suis donc leur référent technique et je m’occupe également de toute la gestion documentaire et la validation des documents. Il s’agit d’une grosse responsabilité puisque toute la documentation nécessaire pour libérer une pièce, ainsi que l’instruction de contrôle qui permet aux inspecteurs d’inspecter les pièces et de rédiger leur rapport, doit être validée par le Niveau 3. Tout ça avant que la pièce ne soit renvoyée chez le client. Donc, ça demande une certaine organisation. 

Quand il s’agit d’une pièce qui revient souvent, on travaille avec le même document. En revanche, quand il s’agit d’un “premier article”, c’est à dire quand c’est la première fois que la pièce vient dans la société, il faut absolument que l’instruction soit validée pour être sûr qu’à un moment donné, il n’y a pas eu un loupé, soit sur un contrôle qui manquerait ou une une mauvaise interprétation de la documentation. On vérifie donc tout. 

On s’occupe également de la validation des procédures générales de contrôle, sur comment doit être utilisée la machine et comment les inspections doivent être réalisées.
Plus le niveau de qualification est élevé, plus les responsabilités sont grandes. En tant que Niveau les responsabilités sont de pouvoir suivre une instruction de contrôle et de la suivre de A à Z. Le Niveau 2 rédige quant à lui les instructions de contrôle tandis que le niveau 3 supervise et valide toute la documentation et tout le système. 

Et en tant que Niveau 3, tu peux aussi être amené à être examinateur, ce qui représente une étape supplémentaire. C’est une responsabilité assez lourde puisque cela implique d’autoriser un candidat à effectuer des contrôles. La finalité est donc très importante puisque si tu accordes une qualification à quelqu’un qui ne le mérite pas, il sera amené potentiellement à faire des bêtises. 

Notre métier est dédié à la sécurité des vols. On est un des maillons de la chaîne de sécurité des vols, donc c’est extrêmement important. C’est un peu aussi grâce à nous, qu’aujourd’hui, il y a de moins en moins d’accidents d’avions. Si on a le moindre doute, on ne peut donc pas prendre le risque de valider une qualification. Dans ce cas de figure, il faut des faits. Il faut pouvoir montrer des choses que la personne à réalisées ou n’a pas réalisées durant la journée d’examen pour justifier un refus à l’examen. C’est donc une responsabilité assez lourde. Ensuite évidemment, il faut le justifier auprès du candidat, en lui expliquant tout simplement ses échecs, pour qu’il puisse s’améliorer par la suite.

Finalement, notre métier nécessite une perpétuelle évolution, qu’on soit Niveau 1, Niveau 2 ou Niveau 3. Tous les cinq ans, on repasse tous les examens et il faut qu’on se remette en question à chaque fois.

Les normes EN 4179 / NAS410 sont extrêmement strictes. Comment préparez-vous les futurs inspecteurs à relever ce niveau d’exigence ?

On a des bases, qui sont nos supports de cours et qui permettent de préparer les stagiaires à passer un examen en conformité par rapport à l’EN 4179. On a aussi une procédure de gestion interne qui est en constante évolution parce que ces normes évoluent. En tant que Niveau 3, on reçoit des alertes sur les évolutions de la CER-FrANDTB, qui est le national board français pour l’aéronautique. Souvent, les modifications reflètent les changements apportés à l’EN4179. Pour nous, cela implique donc une double vérification : on vérifie qu’on est conforme au national board mais aussi à l’EN 4179. 

Généralement, le cours en lui-même n’est pas trop impacté par ces modifications, mais on doit les prendre en compte pour les préparations à l’examen en expliquant ce qui a changé, pour que nos stagiaires soient le mieux informés par rapport à ce qu’il est attendu d’eux.

Et comme Testia est une société transnationale, on doit également se conformer aux normes internationales. Par exemple, la norme EN 4179 s’applique en Europe mais son équivalent en Amérique est le NAS410. 

Après 10 ans d’expérience, qu’est-ce qui te passionne toujours autant dans ton rôle de formateur / auditeur / examinateur chez Testia ?   

Le plaisir de transmettre. Quand tu vois des personnes que tu formes évoluer, au sein de leur société ou même en interne, c’est une fierté quelque part. C’est une fierté quand tu as des personnes qui ne connaissent pas du tout la méthode et quand tu les revois sept ans après,qu’ils sont devenus Niveau 3, qu’ils sont responsables dans leur société de tout le pôle CND. C’est beau à voir.

Au-delà de ça, on leur apprend un savoir-faire, le propre du métier : comment on doit effectuer les tâches correctement et éviter les dérives. Je suis également auditeur et lorsque je vais auditer des sociétés, on s’aperçoit très rapidement que les gens dérivent par rapport à des process. Il faut en avoir conscience, mais au lieu de taper directement sur les doigts, il faut surtout expliquer l’impact de ces dérives. Venant du terrain, je sais où les gens ont tendance à dériver, parce que ce qu’on apprend en théorie ne fonctionne pas toujours sur le terrain. Il faut donc s’adapter et parfois on peut être tenté de faire des choses qui ne sont pas forcément les bonnes. 

Dans ce cas, il faut prendre du recul et remettre l’église au centre du village en demandant simplement : “Qu’est ce que vous faites ? Vous faites une inspection pour la sécurité des vols. Si tu commences à dériver, quel est le risque ?” 

Notre rôle est également de leur rappeler l’enjeu du métier et au final, ils dérivent de moins en moins. Tout ça pour dire qu’apprendre le savoir faire aux personnes, le cœur du métier et le pourquoi du comment est extrêmement important, ça évite tout simplement les écarts.

As-tu une anecdote marquante ou une belle histoire de réussite d’un stagiaire à nous partager ? 

J’ai eu un stagiaire qui a été pris en alternance et à la fin de son alternance il a été embauché chez nous à l’atelier. Il a passé directement ses Niveaux 2 et aujourd’hui, il est Niveau 3 à Saint-Eloi, chez Airbus. J’ai formé ce petit jeune et je l’ai vu grandir. Pour moi c’est une fierté, et il y en a plein d’autres !

Je me souviens également d’une stagiaire qui faisait sa première formation en France. Elle était portugaise et travaillait au Portugal à l’époque mais sa formation chez nous était prévue en français. Avec sa société, nous lui avons fait la surprise de lui proposer la formation en portugais

C’était il y a déjà une dizaine d’années. Entre-temps, elle a passé son Niveau 2 et son Niveau 3.  Aujourd’hui, elle parle français couramment et travaille en tant que Niveau 3 à Montauban. Pour quelqu’un qui ne parlait pas français, c’est plutôt un beau parcours…

Regarder cette interview sur YouTube

YouTube thumbnail of an interview with David Cadeias, an NDT trainer, examiner and auditor at Testia in Toulouse, France. The video is part of Testia's ongoing interview series "Testia Experts".

Merci d’avoir pris le temps pour cette interview !


Vous souhaitez vous aussi devenir expert chez Testia ? Rendez-vous sur notre page Carrières pour découvrir nos offres d’emploi actuelles !